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Alors voilà, l’heure est grave, je suis très inquiète : ma fille adore la nature…
Cette enfant que j’ai quand même portée, nourrie, choyée, bercée tant de nuits, me fait aujourd’hui l’affront suprême d’aimer l’herbe, les fleurs, l’air (pur ?), les champs, les vaches, les papillons, et même les lézards… On aura tout vu… Les enfants sont vraiment tous des ingrats ! Non, mais écoutez, franchement, que vont devenir tous ces petits malins aux joues roses ? Comment vont-ils faire pour survivre loin des villes tentaculaires, du goudron fraichement posé, des douces mélodies des klaxons, des encombrements du périph, des magasins par milliers, des centres commerciaux climatisés, des boutiques Ladurée, des bouches de métro, des Starbucks Coffee, des Mac Do de centre ville, des UGC ciné cité, hein ? Quelqu’un peut me le dire ? Non, mais regardez moi ça : et que je te gratte la terre, et que je fasse des plantations, et que j’ai l’air carrément épanoui dans ma robe de Laura Ingals. Je sais bien qu’il y a vaguement des horticulteurs dans la famille, mais quand même !
Rendez- moi ma fille et son teint blafard de citadine, laissez-la jouer dans le square du quartier ultra pollué, envahi de bouteilles vides et de déjections canines, non mais alors !!!
PS : Et après, on s’étonne qu’ils aient de l’appétit et qu’ils dorment bien la nuit… Pfff…
Sur une idée originale de Princesse 101 : Elise au chocolat !
(Les enfants crados, c’est trop beau…)
29 Avril 2007, tu as deux ans…
J’étais sure d’attendre un garçon ; peut être parce qu’au fond je ne voulais pas mettre au monde une « mini-moi », je souhaitais bien mieux que ça pour mon enfant ! Et puis à l’échographie du quatrième mois, j’ai vu tes gestes presque coordonnés, déjà gracieux, tes mains qui semblaient me dire « moi aussi Maman, je serai danseuse ! ». Découvrir que tu étais une petite fille était finalement un soulagement ; notre complicité serait immédiate, on partagerait ensemble barrettes, élastiques et maquillage, et puis tu me confierais tes peines de cœur, je t’expliquerais que la vie est remplie de rencontres passionnantes à condition d’avoir le cœur assez grand pour les accueillir. On serait « mère et fille », tu serais ma plus grande fierté, mon plus grand amour.
Le souvenir de ta naissance est le plus beau moment de ma vie... Depuis deux ans, tu me combles. Tu es l’enfant ouverte, drôle et si aimante dont je rêvais. Je vais de surprise en surprise avec toi, tes « je t’aime Maman » sonnent à mes oreilles comme des chansons d’amour bouleversantes, tes bisous plein de chocolat sont les plus beaux cadeaux du monde, et te voir découvrir la vie est un bonheur immense.
Merci d’être toi… Bon anniversaire mon Elise.
(PS : Est-ce vraiment ma fille ? Qui est cette enfant avec un arrosoir dans les mains ??... )
Et c’est reparti, cette fois sur Kamini et sa chanson « Marly Gomont », Elise et moi on adore !!
La honte pour la corbeille de linge à repasser dans le fond… Bein oui j’ai pas que ça à faire non plus hein ! Je préfère racheter des fringues neuves...
Il est une période absolument unique, révélatrice et mystérieuse dans la vie d’une femme : la grossesse… Comme je suis assez curieuse de tout nouveau concept qu’on vous vante en long, en large et en travers dans les magazines féminins, j’ai voulu moi aussi essayer cette étrangeté pourtant ancestrale : le port intérieur d’un enfant. Je me rappelais pourtant bien de cette citation d’une célèbre artiste contemporaine (j’ai nommé la reine du brushing, Madonna…) qui disait à l’arrivée de sa fille Lourdes (un drôle de prénom, et oui…) : « la grossesse est la plus grosse vacherie que Dieu ait faite aux femmes »… Pas hyper encourageant sur le coup, mais vous savez ce que c’est, l’attrait de la nouveauté, personne n’y résiste. Et puis vivre l’expérience la plus aboutie du monde vivant, ça n’arrive pas tous les jours non plus, hein !
Allez, trêve d’hésitation, en août 2004, je me lance ! Comme d’habitude dans tout ce que j’entreprends, je suis à fond, super motivée, excitée par la perspective de devenir enfin un embryon de maman. Mais très rapidement il faut bien le dire, c’est la déconvenue : outre l’intense fatigue qui me bousille toutes mes virées shoping, impossible de passer une journée sans avoir une nausée persistante. Forcément, les seuls aliments qui « passent » sont les féculents, les pâtes, et la viande rouge, alors que j’ai pourtant horreur de ça. Mais effectivement, ça tient plutôt bien au corps… Résultat, je prends 5 kilos en 3 mois ; je suis super bien partie ! Conséquence immédiate : plus rien ne me va dans mon armoire… Je fais une crise de larmes aiguë à mon compagnon d’infortune, lui explique toute la misère du monde qui vient de s’abattre sur moi, qu’il ne peut pas comprendre à quel point c’est difficile de ne plus rentrer dans rien alors que ce bébé ne se voit encore même pas ! Dépité et très compatissant, il m’emmène illico dans une boutique spécialisée refaire ma garde-robe… (Il faut savoir que depuis, j’ai brûlé tous ces horribles vêtements réglables sur le côté, sous le ventre, dans le dos, bref dans toutes les positions…)
Ma consolation intervient quand je peux pour la première fois de ma vie entrer dans une boutique de lingerie et EXIGER tous leurs modèles de soutien gorges en taille 95C ! Le bonheur…. Bon évidemment, il faut faire abstraction des matières synthétiques terriblement séduisantes en temps normal, mais qui là vous grattent à mort… Exit donc dentelles et autres préciosités de designer, vous me mettrez 5 modèles en microfibres tout confort !
Et oui la peau qui gratte, c’est une constante il faut le savoir. Impossible de sortir sans crème pour le corps, et de toute façon on vous a expliqué que pour éviter les vergetures, il faut vous tartiner de crème bien grasse et super chère. Je résous le problème en prenant des actions dans une marque cosmétique spécialisée dans l’huile d’avocat, hyper riche en vitamine E. Outre l’odeur absolument ignoble qu’il a fallu supporter malgré les nausées, j’ai évité toute trace indélébile sur mon tour de ventre et ne dispose à ce jour d’aucune vergeture à exhiber à mes copines pour faire genre « moi aussi j’en ai ».
Je vous passe les bouffées de chaleur (pas besoin de chauffage l’hiver 2004/2005…), la ligne de poils super esthétique sur le ventre, le bébé qui vous pousse le cœur et tous les organes vers le haut histoire de vous faire étouffer à petit feu, le besoin de dormir 20 heures par jour (très pratique), la nécessité de vous faire treuiller pour sortir du canapé le soir après le film, les vidanges de vessie toutes les 20 minutes même la nuit et tous les autres petits éléments de surprise que la pudeur m’empêche de vous exposer ici… J’ai néanmoins échappé aux chevilles qui gonflent (encore heureux, comment je mets mes bottes après ??), aux hémorroïdes (…), ou encore à la fameuse sciatique de la femme enceinte.
Mais la cerise sur le gâteau, c’est quand le bébé qui se cache là-dessous (et oui on ne risque pas de l’oublier celui-là…) décide d’arriver avant l’heure au rendez-vous. Je ne sais pas pour vous, mais moi je tolère beaucoup mieux le retard de mes invités, que leur avance. Bein oui, il se trouve que j’aime bien être fin prête pour l’heure dite, si on sonne chez moi en avance, il y a de fortes chances pour que je sois encore en train de me battre avec mon sèche-cheveux ou de changer de robe pour la douzième fois. L’heure c’est l’heure quoi ! Bon bein là, avec 8 jours d’avance, je n’étais pas du tout prête à filer à la maternité ! Pour bien gérer les premières contractions, je me suis lancée à minuit dans une séance de repassage des plus détendues, suivie d’un petit bain vers 3 heures du matin, une petite soirée tranquille quoi ! L’après-midi même, j’avais eu la bonne idée d’aller faire mes derniers achats, un tour chez le coiffeur et de me faire épiler nickel chez mon esthéticienne. Celle là même qui me dit, en voyant la forme arrondie qui me précède partout : « Ouh la la ! Vous n’allez pas accoucher là j’espère ! » Pensez donc, mais non, c’est pour dans 8 jours… Résultat, j’ai accouché quelques heures plus tard avec un brushing impeccable, mes ongles de pieds vernis évidemment, et une épilation du maillot digne des plus mythiques brésiliennes !
Mais non content de bousculer mon planning, bébé a également souhaité faire une entrée directe et fracassante dans la vie : j’ai donc mis au monde ce petit farceur en moins de 3 heures… Là encore, j’aurais bien aimé qu’on m’accorde un petit moment pour me faire à cette idée, je ne sais pas moi, une petite dizaine d’heures comme tout le monde ! Surprise par les sensations provoquées par un bébé pressé, je n’ai eu de cesse de demander à la sage femme si c’était normal d’avoir l’impression de se faire sodomiser par une équipe de rugby… A la vue de son visage consterné, j’en ai déduit que oui, j’ai donc cessé de poser toute question et me suis contentée d’exécuter les ordres.
21 mois jour pour jour plus tard, j’avoue avoir tout oublié des vêtements réglables, des seins qui grattent et de la dizaine de rugbymen avec qui je me suis liée d’amitié en salle d’accouchement ; il me reste en revanche une folle envie de recommencer ! Madonna n’avait pas tord, mais elle avait oublié de nous dire qu’après avoir mis au monde un enfant, tous nos tracas quotidiens nous paraissent bien vides de sens…
Je vous livre un petit bout d’intimité avec cette photo de ma mamie et de ma fille…
La première, 86 ans, et la seconde, 19 mois, échangent dans ce regard complice leurs deux histoires : tellement différentes, et pourtant inscrites dans les mêmes traces… Je m’amuse souvent à nous observer réunies, ma grand-mère, ma mère, ma fille et moi… 4 générations de femmes libres au caractère bien trempé ! En tout cas, je trouve cette transmission de l’histoire familiale assez fascinante…