La loose totale chez une mère de famille dépassée par les événements, c’est aussi :
Arriver atrocement en retard à l’école et être obligée de s’approcher des fenêtres pour voir la lumière et ainsi être sûre que ce n’est pas exceptionnellement fermé (être la seule mère à l’ignorer étant tout à fait possible)
Avoir oublié son parapluie et n’avoir d’autre recours que d’emprunter celui de sa fille, rose avec une grosse tête d’éléphant, pour sauver le brushing péniblement lissé pendant 23 minutes (d’où le retard à l’école)
(Si vous croisez dans les rues de Lyon une créature en tunique-pyjama, les cheveux hirsutes sous un parapluie à tête d'éléphant, n'ayez pas peur, c'est juste moi. Non mais le ridicule ne tue pas quand on est mère; on s'est déjà tapé la honte sur la table d'accouchement, donc bon...)
Aujourd’hui un truc dingue m’est arrivé : je me suis accordée 2 heures de pause shopping.
Après des mois d’hibernation consumériste forcée, il était quand même temps de prendre ma revanche et de faire mon grand retour… aux Galeries Lafayette. Pas le truc le plus glamour pour faire son shopping, je sais bien, mais en deux heures chrono, moi je n’ai pas trouvé mieux pour être efficace. Je ne sais pas ce qui m’a pris, j’ai été prise d’une frénésie d’arrachage de cintres sur les portants, un peu comme la semaine dernière où j’ai acheté à manger pour 12 chez Auchan ; n’importe quoi, je ne fais jamais à manger. Bref j’ai attrapé en un temps record 27 « vêtements » rigoureusement sélectionnés (merci ELLE et consoeurs pour les tentatives de guidage), j’ai même eu un petit peu de mal à marcher vu le poids de ces cintres en bois atrocement lourds. J’ai bien essayé de fuir le regard accusateur des 10 vendeuses qui se voyaient déjà ranger les 22 objets de convoitise que je ne prendrais pas, mais peine perdue… J’ai finalement trouvé à me cacher dans une grande cabine du rayon homme que j’ai du squatter à peu près une heure.
Mais le truc dont je voulais surtout vous parler et qui m’a sauté aux yeux ce matin (oui c’était ce matin à l’ouverture…Bon…) c’est cette espèce de nouvelle liberté que nous offre la mode actuelle. Vous avez bien vu comme moi que ça devenait un peu n’importe quoi, quand même. Finalement on peut être à moitié à poil, avoir l’air de sortir en pyjama, mettre une robe par dessus un pantalon, porter des bottes en été (trop bien..) ou faire style je vais au marché avec mon cabas en osier mais en fait je sors en boite ; tout ça avec un naturel déconcertant car c’est en réalité devenu très normal. On ne s’étonne plus de rien, on peut tout assumer, franchement quel plaisir de pouvoir répondre au mec ignare qui ferait des commentaires désobligeants sur votre panoplie legging-spartiates-lunettes de mouche « Pff…mais t’as rien compris, c’est dans le ELLE de cette semaine, Heidi Klum a lancé la tendance … » Bref, pouvoir oser le coiffé-décoiffé, ou le truc qui ne ressemble à rien en toute maîtrise de son petit effet, ça c’est la vraie liberté…
Du coup à l’arrivée j’ai massivement investi dans des tuniques multi-usages que je peux porter autant avec mon jogging de nuit qu’avec mon jean tâché de peinture ou bien sans rien dessous genre c’est une robe - j’assume quand même. Je sens que je vais faire de remarquables progrès le matin pour arriver à l’heure à l’école de ma fille, puisque pour le coup mon pyjama peut limite passer pour une tenue branchée méga étudiée. D’ailleurs je peux très bien me tailler un combi-short dans ma paire de vieux rideaux, ça marche aussi. Les autres mères en jean propre - Converse, qui, elles, sont à l’heure, vont me détester c’est sûr…