Plaisirs solitaires
Pâques approche ; comme dit Lola, les vitrines des chocolatiers commencent à exhiber fièrement leurs poules, lapins et autres créations printanières. Ah… l’esprit de Pâques… Vous imaginez bien que je ne frémis jamais à l'idée de partir à la recherche d’œufs soigneusement planqués dans le jardin par Mamie Jeannette, puisque comme chacun sait, je vis le plus loin possible du moindre centimètre carré de pelouse.
Non, là où Pâques marque soudainement 10.000 points dans mon estime, c’est quand je découvre chez Fauchon la surprise gourmando-visuello-pascale de 2007 : l’œuf diamant…. (oui je sais, j’avais dit que je boycottais Fauchon, mais bon…)
Alors je vous explique : vous prenez un œuf en chocolat noir en forme de diamant (comme toute fille normalement constituée, je ne peux déjà pas résister à cette forme multi facettes sublime…), vous le remplissez de petits diamants en chocolat (l’association des mots « diamant » et « chocolat », déjà je n’arrive plus à respirer) et vous mettez tout ça dans un sublime écrin rose et noir que l’on dirait tout droit sorti de la place Vendôme (arrêtez, je suffoque…). Vous obtenez mon nouvel objet de convoitise…
Comme une idiote, j’ai passé deux jours à Paris cette semaine, et je vous le donne en mille : pour une fois, malgré ma traversée de la place de la Madeleine, je ne suis pas allée chez Fauchon… Non, cette fois-ci j’avais été prise d’une espèce de folie furieuse, un truc hystérique : j’étais dans le métro en train de reposer mes plantes de pieds des 2.012 kilomètres que je venais de parcourir, partiellement sous la pluie, dans un périmètre bien déterminé du 6ème arrondissement, quand soudain, mon regard fut magnétisé par l’affiche publicitaire massive qui me faisait face et surtout par la montre blanche magnifique qui en était l’objet… Donc je vous le fais : repos des pieds / hop le regard / la montre / je la veux / c’est elle / où est l’adresse / place de la madeleine / j’y vais. Voilà, ça se passe comme ça dans un esprit de consommatrice professionnelle. Bref, ni une ni deux, je déboule haletante place de la Madeleine, genre trouvez-moi ce bijoutier ou je fais une crise de tétanie, et donc là, je l’avoue, j’ai totalement délaissé la vitrine de Monsieur Fauchon. J’ai d’ailleurs super bien assumé mon infidélité en portant fièrement à mon poignet la montre de mon printemps 2007…
Sauf que voilà, maintenant que je suis de retour à Lyon avec ma belle montre, qu’est ce que je fais, hein ? Mon œuf diamant est à 500 kilomètres ! Ah, ah, mais attendez, on ne va pas m’avoir comme ça ! Vous vous souvenez de Monsieur Richart, le créatif, l’innovant, le surprenant chocolatier lyonnais dont je vous avais vanté les mérites lors de la Saint Valentin ? Et bien, heureusement il rivalise encore d’ingéniosité et nous propose pour Pâques une collection « chocolats de printemps » sous forme de ballotins de chocolats aux fourrages (drôle de mot, non ?…) tendres et pétillants : trinitario de Papouasie (késako ?? bon, on s’en fiche, ça a l’air top…) en ganache, pamplemousse et citron vert en coulis, caramel au miel de Provence en coulis… Rien à voir avec l’œuf diamant mais vous avez du remarquer comme moi que la vie vous joue parfois des tours cyniques, en vous faisant vous damner pour une montre au lieu de vous laisser vous jeter dans votre temple de la gourmandise habituel… Bon, mais on peut imaginer que les « chocolats de printemps » seront quand même une douce consolation à ma frustration fauchonesque !
PS : N’allez même pas chez Ladurée, ils nous ont sorti des petites cloches ridicules, sans intérêt… Même pas un macaron spécial Pâques, rien… Décidément on ne peut vraiment plus compter sur personne... Oui, Little Girl, je ronchonne, et alors !!!
Comments
Ah, ah, non vous en m'aurez pas aussi facilement !! Ok pour une photo de la montre mais mon poignet et mes mains, hors de question !
(Bon, je précise, la montre ne vaut pas 12.000 dollars non plus hein ! vous imaginez bien que ce sont de faux brillants... )
Oh! Mon Dieu, c'est que tu es dangereuse! Ne sais-tu pas que dès qu'on parle de chocolat devant moi, je ne me maîtrise plus? Quel sadisme!( je rigooole!)
Mais bon, ayant été élevée par une femme pour qui l'art et la classe sont connus comme sa propre poche, les oeufs de Fabergé sont néanmoins un régal...pour nos yeux!